Le voleur Parfois l'oubli donne ses raisons au vide étreint, L'âme quitte le cocon insolent du mérite sien ; C'est lorsque le regard tombe dans l'ombre bleutée Sans se soucier des rayons qui l'auraient créée, Il succombe au déguisement qu'Espoir dictait Et savoure, sibyllin, les terreurs emportées. Souffrez, mon âme, que cet être infâme trouve plaisir Bijoux, secrets et royaumes, à vous les ravir, Puis, le plus précieux trésor au creux de sa main, A ses yeux, l'or du monde n'est qu'un infime soupir. Et il croit l'emporter sans remords et hautain Mais c'est l'or de l'astre luisant qu'il croyait dormir ! Vol, ô vol, l'autre, celui qui au monde révèle Ailes colorées et chantantes, vous les avez belles, Si belles de lumière dérobée au fier matin : Seuls les oiseaux solitaires n'y trouvent que dédain. Et le voleur aveugle trouve son trésor fidèle : Sa poitrine pourtant au monde si bien camouflée Dérobée car, percée de rayons éternels ; C'est vous que son coeur changé s'est pris à aimer. The Thief Oblivion's hand at times extends to a void embraced, As soul leaves the insolent nest of its own merit; It is when sight reaches the shade, blue and paled Regardless of the many rays that birthed it, And succumbs to the masquerade that Hope held And savours oddly the terrors then faraway led. Suffer, my soul, that this creature foul would relish All your jewels, secrets and kingdoms to ravish, Then, most precious treasure held in palm, To his eyes, all the gold is none but a sigh. See him so sure he won, remorseless and calm But it's gold from the shining star he forgot to spy ! Flight, o flight, one that to the world reveals fully Colorful and singing wings, yours are so lovely, So lovely of light from the morning stolen : Only the lone birds in it could find disdain. And the blind thief finds his dearest treasure : His chest, though to the world so well hidden Stolen, for, pierced by rays eternal and pure; It's you that his changed heart has chosen.